Les traitements les plus récents de la dépendance à l'alcool
Tu as sans doute vu passer les titres : le médicament de l'obésité qui ferait arrêter de boire, les champignons qui soigneraient l'alcoolisme. Il y a effectivement du nouveau, et une partie est sérieuse. Mais entre ce qu'un essai montre et ce qu'un titre de presse en fait, il y a souvent un gouffre — et quand on guette ce genre de nouvelle parce qu'on est soi-même concerné, l'espoir mal calibré fait mal en retombant. Cette page reprend les essais un par un, avec leurs chiffres réels et leurs limites, et dit clairement où en est l'accès en France. Spoiler : aucun des traitements « nouveaux » décrits ici n'a d'autorisation de mise sur le marché dans l'alcool, en France ni ailleurs.
Sémaglutide : le chiffre qui va circuler, et celui qui compte
C'est l'essai qui a fait le plus de bruit. Publié dans The Lancet le 2 mai 2026, l'essai danois de Klausen et son équipe est le premier essai de phase 3 du sémaglutide dans le trouble de l'usage d'alcool. Cent huit participants, randomisés moitié-moitié, vingt-six semaines, sémaglutide 2,4 mg par semaine contre placebo. Critère principal : la réduction du pourcentage de jours de forte consommation.
Voici les trois nombres, dans l'ordre où ils apparaissent dans l'article :
- Groupe sémaglutide : −41,1 points de pourcentage par rapport au départ (IC 95 % −48,7 à −33,5).
- Groupe placebo : −26,4 points (IC 95 % −34,1 à −18,6).
- Différence entre les deux, c'est-à-dire l'effet réellement attribuable au médicament : −13,7 points de pourcentage (IC 95 % −22,0 à −5,4 ; p = 0,0015).
Le premier chiffre est celui que la presse va relayer. Le troisième est celui qui mesure le médicament. Et l'écart entre les deux n'est pas un détail : le groupe placebo a baissé de 26,4 points tout seul, soit près des deux tiers de la baisse observée sous traitement. Ce n'est pas un bug de l'essai, c'est le fonctionnement normal d'une étude d'addictologie — les gens qui acceptent d'entrer dans un essai vont déjà mieux, ils sont suivis, on leur demande de compter leurs verres, et dans cet essai précis tous recevaient en plus une thérapie cognitivo-comportementale. Voilà pourquoi on randomise : sans bras placebo, on aurait attribué au médicament une baisse dont il ne produit qu'un tiers.
Retiens la mécanique, tu vas la revoir partout : un « avant-après » n'est jamais un effet de traitement. L'effet, c'est la différence entre les deux groupes, et c'est presque toujours le plus petit des chiffres publiés.
Cela dit, −13,7 points n'est pas rien. C'est significatif, l'intervalle de confiance ne franchit pas zéro, et les effets indésirables rapportés étaient transitoires, digestifs, légers à modérés. Quatre-vingt-un pour cent des participants ont terminé l'intervention. C'est un vrai résultat positif. Il faut simplement savoir de quoi il est le résultat.
Les quatre limites qu'il faut connaître avant d'y croire
- Uniquement des personnes avec une obésité associée. L'essai n'a inclus que des patients ayant à la fois un trouble de l'usage d'alcool et une obésité. Rien ne dit que ça marche chez une personne dépendante de poids normal — et il y a une raison sérieuse de se poser la question, on y revient plus bas.
- Cent huit participants, un seul centre. Les essais monocentriques surestiment classiquement les effets. C'est une preuve de concept solide, pas une démonstration à grande échelle.
- Tout le monde recevait une TCC. Le sémaglutide a été testé en plus d'une psychothérapie, pas à la place. On ne sait pas ce qu'il fait seul.
- Conflits d'intérêts. Plusieurs auteurs déclarent des liens avec Novo Nordisk, le fabricant, et la fondation Novo Nordisk figure parmi les financeurs. Ça n'invalide pas l'essai, ça impose de le lire avec la même exigence qu'on appliquerait à un résultat négatif.
Avant le Lancet : l'essai qui ne montre pas ce qu'on croit
Un an plus tôt, dans JAMA Psychiatry, l'équipe de Hendershot publiait l'essai de phase 2 du sémaglutide dans l'alcool. Quarante-huit participants, neuf semaines, doses faibles, et une particularité importante : des personnes non demandeuses de soins — pas des patients qui voulaient arrêter de boire.
Le critère principal était mesuré en laboratoire : combien d'alcool la personne s'administre quand on lui en propose. Il a été atteint, avec une taille d'effet qualifiée de moyenne à large. Le craving hebdomadaire baissait aussi.
Mais l'abstract contient une phrase que presque personne ne cite : le sémaglutide n'a modifié ni le nombre moyen de verres par jour calendaire, ni le nombre de jours de consommation. Autrement dit, dans cet essai, le médicament a réduit combien on boit quand on boit et l'envie de boire, mais pas la fréquence à laquelle on boit. Si tu lis quelque part que le sémaglutide « fait boire moins souvent », c'est l'inverse de ce que montre cet essai-là.
Les GLP-1 dans leur ensemble : deux méta-analyses qui ne disent pas la même chose
Quand un domaine est jeune, les synthèses se contredisent. C'est exactement le cas ici, et c'est instructif.
Une première méta-analyse (Sinha et Ghosal, décembre 2025) a séparé proprement les essais randomisés des études d'observation. Sur les trois essais randomisés disponibles (430 personnes au total), tout est non significatif : consommation d'alcool SMD −0,24 (IC 95 % −0,70 à 0,23), verres par jour de consommation SMD −0,23 (−0,64 à 0,19), craving SMD −0,14 avec un intervalle tellement large (−2,84 à 2,55) qu'il n'est quasiment pas interprétable. Les données d'observation, elles, sur 2,7 millions de personnes, montrent moins d'événements liés à l'alcool. Conclusion des auteurs : les essais randomisés restent non significatifs, il faut des essais plus larges.
Une seconde méta-analyse (Eshraghi et coll., décembre 2025) conclut à un effet spectaculaire : −7,81 points de score AUDIT (IC 95 % −9,02 à −6,60). C'est le chiffre le plus impressionnant du domaine, et c'est aussi le plus fragile. Trois raisons de ne pas s'y accrocher : l'hétérogénéité est énorme (I² = 87,5 %, les études mesurent des choses trop différentes pour être moyennées proprement), le pool est dominé par dix études d'observation totalisant plus de cinq millions de personnes face à quelques centaines dans les essais randomisés, et l'AUDIT est un questionnaire déclaratif de dépistage, pas une mesure objective de consommation. Un chiffre statistiquement réel n'est pas forcément un effet causal du médicament.
Une revue systématique de juin 2026 (Altami et coll.) tranche prudemment : les GLP-1 « pourraient être associés à des réductions modestes » de la consommation, mais « les preuves restent limitées et hétérogènes ». Elle a une limite à connaître : sa recherche bibliographique s'arrête à décembre 2025, elle ne contient donc pas l'essai du Lancet.
Enfin, une revue critique parue en mai 2026 (Woo et coll.) recense l'état du chantier : quatre essais interventionnels publiés, et dix-neuf essais interventionnels en cours ou terminés mais non publiés. C'est la vraie réponse honnête à « est-ce que ça marche ? » : on le saura dans quelques années, pas aujourd'hui.
Ce qui a échoué, et qu'on ne cite jamais
On parle beaucoup des essais positifs. Deux essais négatifs sont pourtant indispensables pour calibrer l'enthousiasme.
L'exénatide. Un autre agoniste GLP-1, testé dès 2022 par la même équipe danoise, chez 127 patients demandeurs de soins, sur vingt-six semaines, avec TCC pour tout le monde — donc un essai plus grand et sur une population plus proche de la vraie vie que celui du Lancet. Résultat : l'exénatide n'a pas réduit significativement le nombre de jours de forte consommation par rapport au placebo. Essai négatif sur son critère principal. Les seuls signaux positifs étaient sur des critères secondaires d'imagerie cérébrale, et sur une analyse exploratoire montrant un effet chez les participants obèses (IMC supérieur à 30). C'est cette analyse post hoc qui a servi d'hypothèse à l'essai du Lancet — la chaîne logique est cohérente, mais elle veut aussi dire ceci : le bénéfice des GLP-1 dans l'alcool pourrait être limité aux personnes en surpoids. On ne sait pas encore.
L'ibudilast. Piste totalement différente : un modulateur neuro-immun, censé agir sur la neuro-inflammation, une hypothèse très en vogue. Essai de phase 2 publié dans JAMA Netw Open en avril 2025, 102 participants demandeurs de soins, douze semaines. Critère principal, le pourcentage de jours de forte consommation : β = 0,06 (IC 95 % −0,09 à 0,21) ; p = 0,46, non significatif. Aucune différence sur les critères secondaires. Aucun effet sur les marqueurs d'inflammation. La piste a été testée sérieusement, elle a échoué.
Ce n'est pas déprimant, c'est rassurant sur la méthode : ces essais existent, ils sont publiés même quand ils ne marchent pas, et c'est ce qui permet de faire la différence entre une piste et un traitement.
Psychédéliques : un essai positif ne fait pas une preuve
L'essai de référence est réel et il est bon. Bogenschutz et son équipe, JAMA Psychiatry, 2022 : 95 participants randomisés, douze semaines de psychothérapie manualisée pour tous, deux séances de psilocybine (25 mg/70 kg puis 25 à 40 mg/70 kg) contre un placebo actif, la diphénhydramine. Sur trente-deux semaines, le pourcentage de jours de forte consommation était de 9,7 % sous psilocybine contre 23,6 % sous diphénhydramine, soit une différence de 13,9 points (IC 95 % 3,0 à 24,7 ; p = 0,01). Aucun événement indésirable grave chez les participants ayant reçu de la psilocybine.
C'est un beau résultat. Et pourtant.
Comment un essai positif et une méta-analyse négative coexistent-ils ? Parce qu'un essai isolé, sur une population très sélectionnée, ne résume pas une littérature. L'essai de Bogenschutz excluait les troubles psychiatriques majeurs, les autres troubles d'usage, les personnes ayant déjà pris des hallucinogènes et celles déjà traitées pour leur alcool — soit à peu près tout le monde en situation réelle. Et il partage avec tout le domaine un problème méthodologique de fond : l'aveugle ne tient pas. On sait très bien si on a reçu 25 mg de psilocybine ou un antihistaminique. Les auteurs de la méta-analyse pointent explicitement ce problème d'attente et de levée d'aveugle fonctionnelle, et c'est aussi pour ça que 83,3 % des essais du domaine sont classés à risque de biais élevé.
L'essai français : ce qu'il a montré, et ce qu'il n'a pas montré
La France a son essai, et il mérite d'être connu correctement, parce que ses chiffres circulent déjà mal. Il s'agit de l'essai PAD, mené par l'équipe de Luquiens au CHU de Nîmes, publié dans Addiction en juillet 2025. Trente participants, trouble de l'usage d'alcool sévère avec symptômes dépressifs, sevrés depuis 14 à 60 jours, deux séances de psilocybine 25 mg (n = 20) ou 1 mg (n = 10), en complément des soins habituels.
Les résultats à douze semaines, groupe 25 mg contre groupe 1 mg : 11 abstinents sur 20 (55 %) contre 1 sur 9 (p = 0,043), et une baisse plus marquée de la fréquence du craving.
Maintenant les réserves, et elles sont lourdes :
- Le critère principal de cet essai était la faisabilité, pas l'efficacité. C'est écrit noir sur blanc. L'objectif était de savoir si on arrivait à recruter, à faire venir les gens aux deux séances, à tenir le protocole. Les 55 % d'abstinence sont un résultat secondaire, sur trente personnes. Ce n'est pas une démonstration d'efficacité et les auteurs ne le prétendent pas.
- L'aveugle a cassé, et de façon statistiquement significative. Quatre participants du groupe contrôle ont refusé la seconde séance après avoir deviné leur groupe (p = 0,019). Une dose de 1 mg n'est pas un vrai placebo : ceux qui ne ressentent rien le comprennent.
- 350 patients screenés pour 30 inclus, soit environ 91 % de non-éligibles. Même si le traitement marchait, il ne s'adresserait qu'à une petite fraction des personnes concernées.
Une analyse qualitative des séances d'intégration du même essai, publiée en 2026, est en revanche très intéressante sur le mécanisme — ce que les participants décrivent du dialogue intérieur et de la restructuration de leur rapport à l'alcool. C'est probablement là que se trouve la vraie contribution de cet essai, plus que dans un pourcentage sur trente personnes.
Et légalement, en France ?
La psilocybine et la psilocine sont classées comme stupéfiants en France, par l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants. Il n'existe aucune AMM, aucun accès compassionnel, aucune recommandation temporaire d'utilisation. La détention, l'usage et la cession sont pénalement réprimés. La seule voie légale est la recherche clinique autorisée par l'ANSM — l'essai PAD a reçu son autorisation le 21 septembre 2023, c'est la première étude clinique française sur la psilocybine dans l'alcool.
Il faut être direct sur un point : rien de ce qui est décrit dans ces essais ne se transpose à un usage auto-administré. Ces protocoles ont lieu à l'hôpital, après sevrage, avec une préparation, un accompagnement pendant la séance et des séances d'intégration derrière. Et ils excluent systématiquement les personnes ayant des antécédents psychotiques, des troubles psychiatriques majeurs ou d'autres troubles d'usage — c'est-à-dire précisément les profils chez qui le risque n'a jamais été évalué. Une personne en sevrage, avec une comorbidité dépressive, est exactement dans l'angle mort de cette littérature.
Le paradoxe français du baclofène
Ce chapitre n'est pas « nouveau » au sens des essais de 2026, mais c'est le sujet où l'écart entre la croyance française et les données publiées est le plus grand — et c'est celui qui concerne le plus de monde ici.
Rappel de la situation : la France est le seul pays au monde à avoir accordé une AMM au baclofène dans la dépendance alcoolique, fin 2018, après une décennie d'usage hors AMM massif à des doses allant jusqu'à 300 voire 400 mg par jour. Et cette AMM a été accordée pour l'aide à la réduction de la consommation.
Or que dit la revue Cochrane la plus récente (Agabio et coll., 2023, 17 essais randomisés, 1818 participants) ?
- Ce qui marche : le pourcentage de jours d'abstinence augmente, différence moyenne +9,07 (IC 95 % 3,30 à 14,85 ; 16 études, 1273 participants ; certitude élevée). Le risque de rechute diminue, RR 0,87 (IC 95 % 0,77 à 0,99 ; certitude modérée), et ce résultat n'est confirmé que chez les participants déjà sevrés.
- Ce qui ne marche pas : les jours de forte consommation, SMD −0,18 (IC 95 % −0,48 à 0,11), non significatif. Les verres par jour de consommation, −0,45 (IC 95 % −1,20 à 0,30), non significatif.
- Et le craving : SMD −0,16 (IC 95 % −0,37 à 0,04), non significatif, sur 17 études et 1275 participants.
Ce dernier point mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il contredit frontalement ce que tout le monde répète en France : sur l'ensemble des essais publiés, le baclofène ne réduit pas significativement le craving. C'est pourtant l'argument numéro un qu'on entend, y compris de la part de prescripteurs.
Le paradoxe complet a été formulé par la Société Française d'Alcoologie elle-même, dans un texte de Rolland et coll. paru dans L'Encéphale en 2025 : l'AMM française a été accordée pour la réduction de la consommation, alors que les données Cochrane ne trouvent d'efficacité que sur le maintien de l'abstinence, sans effet significatif sur les critères de réduction, et sans relation dose-réponse. La SFA plaide donc pour étendre l'AMM à l'abstinence. En clair : la France a autorisé le baclofène pour ce que les preuves ne soutiennent pas, et pas pour ce qu'elles soutiennent.
Sur les doses, même correctif. Une méta-analyse dose-réponse de 2025 (Kotake et coll., 14 essais, 1344 patients) situe l'optimum autour de 50 à 60 mg par jour : au-delà, le pourcentage de jours abstinents ne s'améliore plus proportionnellement, mais les abandons pour effet indésirable augmentent. On est très loin de la culture hexagonale des très hautes doses. Du côté réglementaire, l'ANSM a supprimé le plafond de 80 mg par jour, mais recommande une évaluation pluridisciplinaire spécialisée au-delà, et de ne pas dépasser 300 mg par jour, faute de toute donnée d'efficacité ou de sécurité au-delà.
Ce qui est réellement disponible en France aujourd'hui
Après tout ce qui précède, la question pratique reste : à quoi as-tu accès, maintenant, avec une ordonnance ?
Cinq molécules ont une AMM dans l'alcool en France. Aucune n'est nouvelle.
- Acamprosate (Aotal) — première intention, pour le maintien de l'abstinence après sevrage. Dans la grande revue de McPheeters parue dans JAMA en 2023 (118 essais, 20 976 participants), le nombre de sujets à traiter pour éviter un retour à toute consommation est de 11, avec un intervalle de confiance large (1 à 32) qu'il faut garder en tête. Effet indésirable principal : la diarrhée.
- Naltrexone (Revia) — première intention également, plutôt orientée vers la réduction de la forte consommation et du craving. Dans la même revue : NNT de 18 (IC 95 % 4 à 32) pour le retour à toute consommation, et 11 (IC 95 % 5 à 41) pour le retour à une forte consommation. Contre-indication majeure : toute consommation de morphiniques, y compris un traitement de substitution aux opiacés.
- Nalméfène (Selincro) — le premier médicament à avoir obtenu une AMM dans l'indication « réduction de la consommation », pris à la demande, les jours où l'on anticipe un risque de boire. Également contre-indiqué avec les morphiniques. Note pour couper court à une rumeur : on lit sur plusieurs sites qu'il aurait été retiré du marché. Nous n'avons trouvé aucune confirmation officielle. Le dernier document de la HAS, du 24 mars 2021, maintient le remboursement avec un service médical rendu jugé modéré. Si ça te concerne, la seule réponse fiable vient de ton pharmacien.
- Disulfirame (Espéral) — deuxième intention, effet antabuse, réservé à une personne motivée vers l'abstinence, avec des contre-indications nombreuses et une supervision de la prise qui améliore nettement les résultats.
- Baclofène (Baclocur) — deuxième intention dans la réduction de consommation, avec le niveau de preuve le plus faible de la liste selon la SFA, et le paradoxe décrit plus haut.
Et voilà l'information la plus importante de cette page, celle qu'aucun titre ne donnera : le référentiel français en vigueur — la recommandation de bonne pratique de la Société Française d'Alcoologie, dans sa version actualisée du 5 juin 2023 — ne mentionne ni les GLP-1, ni les psychédéliques. Non par négligence : parce qu'il est antérieur à ces essais. Le cadre officiel français n'a tout simplement pas encore statué. À ce jour, prescrire du sémaglutide pour l'alcool serait hors AMM, non remboursé dans cette indication, et recommandé par aucune société savante.
Un mot aussi sur trois molécules qu'on voit régulièrement citées : la SFA écrit explicitement que ni l'oxybate de sodium, ni le topiramate, ni la gabapentine n'ont d'AMM dans le champ de l'alcoologie en France. Elles peuvent faire l'objet d'un usage hors AMM par un spécialiste, ce ne sont pas des options standard.
Comment lire la prochaine annonce
Il y aura d'autres titres. Dix-neuf essais interventionnels de GLP-1 sont en cours ou non publiés, d'autres pistes suivront. Quatre réflexes suffisent à ne pas se faire cueillir :
- Cherche la différence entre les groupes, pas la baisse dans le groupe traité. Si l'article ne donne que le « avant-après », il ne t'a pas donné l'effet du médicament.
- Regarde qui a été inclus. Des personnes obèses, des personnes non demandeuses de soins, des personnes sans comorbidité psychiatrique : ce ne sont pas les mêmes populations, et les résultats ne se transposent pas.
- Un essai positif n'est pas une littérature. Demande ce que donne l'ensemble des essais. C'est exactement ce qui sépare la psilocybine « qui soigne l'alcoolisme » de la réalité de la méta-analyse.
- Vérifie le statut réglementaire, pas seulement l'efficacité. Prometteur et disponible sont deux choses différentes, séparées le plus souvent par plusieurs années.
Et pour être tout à fait honnête sur ce que cette page ne dit pas : rien ici ne signifie que ces pistes sont vaines. Le sémaglutide a un résultat de phase 3 positif, ce qui est plus que ce qu'avaient la plupart des candidats de ces vingt dernières années. La psilocybine a un signal mécanistique intéressant. Il est parfaitement possible que dans cinq ans, l'un des deux figure dans les recommandations. Simplement, aujourd'hui, ce n'est pas le cas — et si tu es en train de te battre maintenant, ce sont les cinq molécules disponibles, le suivi psychosocial et l'accompagnement humain qui sont ton terrain de jeu réel. Ce n'est pas le lot de consolation : c'est ce dont on a le plus de preuves.
- Convulsion lors d'un arrêt d'alcool ou de baclofène, ou antécédent de convulsion à un arrêt précédent → 15 immédiatement.
- Confusion, désorientation, hallucinations, tremblements majeurs, fièvre après l'arrêt de l'alcool (delirium tremens) → 15. C'est une urgence vitale.
- Idées suicidaires → 3114 (numéro national de prévention du suicide, 24 h/24, gratuit).
- Autres ressources : Alcool Info Service, 0 980 980 930 (anonyme et gratuit) · Centres antipoison, 01 45 42 59 59.
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Ouvrir le calculateur →Sources
- Klausen, M. K. et al. (2026). Once-weekly semaglutide versus placebo in patients with alcohol use disorder and comorbid obesity: a randomised, double-blind, placebo-controlled trial. The Lancet, 407(10540), 1687-1698. Essai de phase 3, 108 participants, monocentrique. PubMed
- Hendershot, C. S. et al. (2025). Once-Weekly Semaglutide in Adults With Alcohol Use Disorder: A Randomized Clinical Trial. JAMA Psychiatry, 82(4), 395-405. Phase 2, 48 participants, 9 semaines. PubMed
- Klausen, M. K. et al. (2022). Exenatide once weekly for alcohol use disorder investigated in a randomized, placebo-controlled clinical trial. JCI Insight, 7(19), e159863. 127 participants ; essai négatif sur le critère principal. PubMed
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- Altami, I. K. et al. (2026). GLP-1 Receptor Agonists and Alcohol Use Disorder: A Systematic Review. Journal of Clinical Medicine, 15(12), 4781. Recherche bibliographique close en décembre 2025. PubMed
- Woo, S. et al. (2026). GLP-1 Receptor Agonists for Treating Alcohol Use Disorder: A Critical Review. Alcohol, Clinical & Experimental Research. Recense 4 essais interventionnels publiés et 19 en cours ou non publiés. PubMed
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- HAS. Avis de la Commission de la Transparence, SELINCRO (nalméfène), séance du 24 mars 2021. Service médical rendu maintenu « modéré », remboursement maintenu. has-sante.fr
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- République française. Arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants (psilocybine et psilocine). Légifrance
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